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Fin du Ramadan et Aïd el-Fitr 2026 : pourquoi personne ne sait encore si c’est vendredi ou samedi

Par Philippe Loneux |
Un groupe de personnes musulmanes rassemblées sur un toit-terrasse au crépuscule, regardant vers le ciel urbain pour observer le croissant de lune. Une ligne d'horizon urbaine avec un minaret de mosquée éclairé est visible en arrière-plan. Un homme plus âgé utilise des jumelles. Des lanternes sont allumées au sol au premier plan.

Le 19 mars, je souffle mes bougies. Cette année, au même moment, 1,8 milliard de musulmans pourraient rompre un mois de jeûne. La conjonction de la nouvelle lune de Chawwal se produit le 19 mars 2026 à 01h23 (temps universel). Si le croissant est observé ce soir-là, l’Aïd el-Fitr sera célébré le vendredi 20 mars. Si l’observation échoue, le Ramadan comptera 30 jours et l’Aïd glissera au samedi 21.

Le CFCM a déjà tranché : vendredi 20 mars. La Grande Mosquée de Paris, fidèle à la tradition de l’observation visuelle, réunira sa commission lors de la Nuit du doute le 18 mars pour confirmer. L’association algérienne d’astronomie Sirius prévient que la visibilité du croissant sera « possible mais pas évidente », l’élongation frôlant la limite nécessaire.

En résumé : pendant que je coupe un gâteau, des familles préparent des cornes de gazelle et des baklavas en attendant de savoir si c’est ce soir ou demain.

La coïncidence qui m’a arrêté

J’aurais pu ne rien en faire. Un hasard de calendrier, et puis voilà. Mais cette année, le hasard m’a semblé trop lourd pour être ignoré. En 2026, le Carême chrétien et le Ramadan musulman se chevauchent presque parfaitement. Le Carême a débuté le 18 février, le Ramadan le 18 ou le 19 selon les instances. Deux traditions de jeûne, deux calendriers lunaires (l’un pour fixer Pâques, l’autre pour fixer le Ramadan), deux invitations à la privation volontaire, qui tombent à quelques heures d’écart.

C’est la première fois depuis 1863 que le Nouvel An lunaire chinois, le Carême et le Ramadan coïncident dans la même fenêtre calendaire. Trois civilisations, trois manières de marquer le passage du temps, et un alignement que personne n’a programmé.

Mon anniversaire tombe pile dans ce nœud. Le gâteau d’un côté. Le jeûne de l’autre. La fête et la privation, le même jour.

Ce que le Ramadan enseigne à ceux qui ne le pratiquent pas

Le Ramadan n’est pas un régime. C’est le quatrième pilier de l’Islam. Cinq millions de personnes le pratiquent chaque année en France. De l’aube au coucher du soleil, ni nourriture, ni boisson, ni tabac. En mars 2026, les journées de jeûne en France durent environ douze heures.

Ce qui m’a frappé, en m’y intéressant cette année, c’est la dimension de la rupture du jeûne. L’iftar, le repas du soir, n’est pas qu’un repas. C’est un moment de gratitude, de partage, de communion familiale. On commence par une datte et de l’eau. On prie. On mange ensemble. L’acte de manger reprend un sens que nos repas quotidiens ont perdu depuis longtemps.

L’Aïd el-Fitr, la fête qui clôt le mois, signifie littéralement « la fête de la rupture du jeûne ». Elle a été instituée par le Prophète Muhammad à Médine en 624. On porte des vêtements neufs. On rend visite à sa famille. On verse la Zakat el-Fitr, une aumône obligatoire (fixée à 9 euros par personne par le CFCM en 2026) destinée aux plus démunis. On pardonne. On repart.

Il y a quelque chose dans ce cycle, privation puis célébration, que les traditions spirituelles partagent au-delà des frontières confessionnelles. Les dix principales religions du monde ont chacune, sous des formes différentes, un temps de retrait avant un temps de fête. Le Carême mène à Pâques. Le Ramadan mène à l’Aïd. Le Yom Kippour mène au repas de rupture. L’ascèse n’est jamais une fin en soi. Elle prépare le retour à la vie.

Pourquoi le calendrier hésite encore

La question qui agite les familles musulmanes en France cette semaine est à la fois simple et compliquée : c’est le 20 ou le 21 ?

Le calendrier islamique est lunaire. Chaque mois commence avec l’apparition du nouveau croissant de lune après la conjonction. Le problème, c’est que la visibilité de ce croissant dépend de la latitude, de la météo, de l’heure du coucher du soleil. Deux pays peuvent donc commencer et finir le Ramadan à un jour d’écart. En France même, le CFCM et la Grande Mosquée de Paris n’ont pas fixé la même date de début de Ramadan cette année, le CFCM retenant le 19 février et la Grande Mosquée le 18.

Pour l’Aïd, le CFCM a anticipé en annonçant le 20 mars dès le 10 mars. Mais dans les pays qui se basent sur l’observation directe, la Nuit du doute du 19 mars tranchera. En Algérie, en Arabie saoudite, au Maroc, les familles attendent le verdict du ciel.

Ce flottement d’un ou deux jours peut sembler anodin vu de l’extérieur. Pour les pratiquants, c’est un moment de suspense réel : on prépare la fête sans savoir si c’est demain ou après-demain. Les courses sont faites, les pâtisseries sont prêtes, les vêtements sont repassés. Mais le dernier mot revient à un mince fil de lumière dans le ciel du soir.

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Le gâteau et le croissant

Le 19 mars, je fête mes 47 ans. Le même jour, des millions de musulmans lèveront les yeux vers le ciel pour chercher un croissant de lune qui décidera de la fin de leur mois de jeûne. Deux événements qui n’ont aucun rapport entre eux, sauf celui-ci : ils tombent le même jour, dans le même monde, sous le même ciel.

Pour ma part, j’ai vécu ce Carême en parallèle. Quarante jours de retrait volontaire, au même rythme que des millions de musulmans vivaient le leur. Le geste est différent, l’intention se ressemble : ralentir, se priver pour mesurer ce qu’on a, revenir à soi.

L’an prochain, le Ramadan aura reculé de onze jours et ce croisement n’existera plus. C’est la nature des calendriers lunaires : ils glissent, ils se décalent, ils reviennent. Le hasard de 2026 ne se reproduira pas avant des années.

La coïncidence ne signifie rien en soi. Mais ce qu’on en fait, si.

Sources : CFCM, communiqué du 10 mars 2026 ; Association Sirius (Algérie), prévisions astronomiques Aïd el-Fitr 2026 ; Islamic Relief, « Aïd al-Fitr 2026 » ; Secours Islamique de France, « Ramadan 2026 » ; VarActu, « Ramadan 2026 : le CFCM annonce la date de l’Aïd el-Fitr » ; Sortiraparis, « Ramadan 2026 : quelle date pour l’Aïd el-Fitr en France ».

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À propos de l’auteur Chroniqueur spécialisé en histoire des croyances et symbolisme, explore les frontières du visible. Il décrypte aussi bien les traditions religieuses que les phénomènes ésotériques et les grands mystères, en cherchant toujours le sens caché sous le prisme de l’analyse historique.

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