Le premier tour des municipales à Paris, c’est le 15 mars 2026. Neuf listes, deux favoris au coude-à-coude, des sondages qui se contredisent d’une semaine à l’autre. Emmanuel Grégoire mène avec 35 % d’intentions de vote au premier tour, Rachida Dati suit à 27 % , et derrière, Sarah Knafo et Pierre-Yves Bournazel sont à égalité autour de 11,5 %. Un scrutin serré, incertain, anxiogène.
C’est le terrain idéal pour les voyants.
Quand les instituts de sondage avouent que tout peut basculer entre les deux tours, quand les scénarios se multiplient (duel, triangulaire, quadrangulaire, quinquangulaire), une partie du public se tourne vers d’autres grilles de lecture. Le tarot, l’astrologie, la médiumnité. Pas par bêtise. Par besoin de certitudes dans un monde qui n’en offre plus.
Ce que les voyants ont annoncé pour les municipales 2026
Plusieurs médiums et praticiens de la voyance ont publié leurs prédictions pour 2026 bien avant l’ouverture officielle de la campagne. Leurs déclarations méritent d’être regardées avec attention, non pas pour les prendre au mot, mais pour comprendre ce qu’elles révèlent de notre rapport collectif à l’incertitude.
Nicolas Duquerroy : le tarot et la « bascule politique »
Le médium Nicolas Duquerroy a publié en décembre 2025 un long tirage de tarot de Marseille consacré à la France en 2026. Selon lui, la carte de l’Amoureux indique que la France prendra un autre chemin politique, et les municipales de 2026 constitueront un virage qui redessinera le paysage politique national. La Roue de Fortune confirmerait une bascule nette sur le plan politique .
Sa conclusion globale : après les municipales, la France prendra un virage plus marqué à droite.
Pas de nom. Pas de ville. Pas de candidat identifié pour Paris. Le pronostic reste à un niveau macro, une tendance nationale lue dans les arcanes.
Didier Doryan : la droite aux commandes
Le médium gardois Didier Doryan, interrogé par Objectif Gard début 2026, livre un diagnostic similaire. Pour la France en général, il voit un grand virement vers la droite et l’extrême droite, avec des alliances locales parfois différentes de ce qui se dessinera pour les présidentielles de 2027.
Là non plus, aucune mention de Paris. Ses prédictions concernent surtout le Gard et les grandes tendances nationales.
« Olivier et les anges » : Dati maire de Paris
Un voyant qui publie sous le nom « Olivier et les anges » fait partie des rares à citer un nom. Sa prédiction est directe : « R. Dati, l’unique, devient maire de Paris » Voyance OLIVIER. Le pronostic est formulé dans un style très personnel, accompagné de visions sur la chute de la Ve République et un climat quasi-insurrectionnel pour l’été 2026.
C’est le seul voyant identifié à avoir tranché aussi nettement.
Une percée imprévue
Sarah Knafo : la « grande gagnante » des visions de 2026
Certaines analyses ésotériques bousculent les pronostics établis en voyant dans cette candidature bien plus qu’une simple division des voix de droite. Pour ces médiums, elle incarne un archétype de résistance capable de transformer un climat de tension extrême en une dynamique de victoire surprise. Cette approche ne repose pas sur l’arithmétique électorale, mais sur une perception de l’énergie politique : elle serait celle qui parvient à canaliser le désir de rupture radicale des Parisiens, là où les candidats installés se neutralisent mutuellement.
Ces visions suggèrent que les attaques frontales dont elle fait l’objet agissent paradoxalement comme un moteur de popularité, renforçant son image de recours face à un système perçu comme défaillant. Dans cette grille de lecture, le scrutin de mars 2026 ne se joue pas sur des programmes, mais sur la force d’une incarnation. La synchronicité entre son message de « ville heureuse » et l’épuisement psychologique des électeurs pourrait ainsi créer un basculement que personne n’avait anticipé.
Ce que disent les sondages (pour comparer)
La comparaison avec les données d’opinion est devenue complexe depuis le début du mois de mars 2026. Si le duel entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati reste le pivot de l’élection, l’émergence d’un troisième bloc vient bousculer toutes les certitudes.
Selon le dernier baromètre Ipsos publié le 9 mars 2026, Emmanuel Grégoire conserve sa place de favori avec environ 30 % à 35 % d’intentions de vote. Rachida Dati le suit de près, stabilisée autour de 27 %. Mais le fait marquant de cette fin de campagne est la percée de Sarah Knafo : créditée de seulement 7 % en début d’année, elle atteint désormais 13,5 % dans les enquêtes les plus récentes, se plaçant à égalité avec Pierre-Yves Bournazel.
Une configuration de second tour imprévisible
Cette poussée change la nature même du second tour. Alors que les instituts Elabe et Ifop-Fiducial se concentraient initialement sur des scénarios de duels classiques, l’hypothèse d’une triangulaire — voire d’une quadrangulaire — est désormais la plus probable.
Dans un duel pur, les chiffres restent extrêmement serrés : 51 % pour Grégoire contre 49 % pour Dati selon Elabe, quand l’Ifop donne l’avantage inverse à la candidate de droite avec 53 %. Cependant, la présence de Sarah Knafo au second tour, assurée dès lors qu’elle franchit la barre des 10 %, agit comme un facteur de chaos pour les deux favoris. Elle prive Rachida Dati d’une partie de ses réserves de voix tout en obligeant la gauche à une surmobilisation inédite.
L’agrégation des probabilités face à l’inconnu
Sur le marché prédictif Polymarket, la hiérarchie est légèrement différente. Les parieurs, qui agrègent des flux financiers plutôt que des intentions de vote déclarées, accordent 68 % de chances de victoire finale à Grégoire contre 31 % pour Dati. Sarah Knafo y est perçue non pas comme la future maire, mais comme l’arbitre absolue dont le maintien ou le retrait dictera le nom du vainqueur le 22 mars au soir.
Cette vidéo analyse la dynamique actuelle des candidats et explique pourquoi le suspense reste total à Paris pour ce scrutin de 2026 :
La mécanique psychologique derrière les prédictions
Quand un voyant annonce que « la droite va gagner à Paris », il ne prend pas un risque démesuré. Paris est une ville politiquement clivée, avec un électorat de droite structuré dans les arrondissements de l’Ouest et un vote de gauche solidement ancré dans l’Est et le Nord. Les deux hypothèses se tiennent. Annoncer l’une ou l’autre, c’est avoir statistiquement une chance sur deux d’avoir raison.
Le mécanisme est le même que celui décrit par les chercheurs en sciences cognitives sous le nom de biais de confirmation : on retient la prédiction qui se réalise, on oublie les dix autres qui étaient fausses. C’est la raison pour laquelle les prophéties de Nostradamus semblent si souvent justes : on ne compte jamais les quatrains qui n’ont jamais correspondu à rien.
Ce biais est documenté, étudié, et pourtant il continue d’opérer avec une efficacité redoutable, y compris chez des personnes éduquées et rationnelles. La raison est simple : face à l’inconnu, le cerveau humain préfère une fausse certitude à une vraie incertitude. Une prédiction de voyant, même vague, même invérifiable, remplit un vide que l’esprit ne supporte pas.
Prédire une élection : un exercice que personne ne maîtrise
Les voyants ne sont pas les seuls à échouer. Les sondeurs aussi se trompent, parfois lourdement. En 2002, aucun institut n’avait prévu la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. En 2017, les projections pour le premier tour des législatives annonçaient une vague macroniste bien moindre que ce qui s’est produit. Les modèles prédictifs, qu’ils soient statistiques ou divinatoires, butent sur le même obstacle : le comportement humain est imprévisible à l’échelle individuelle.
La différence, c’est la méthode. Un sondage repose sur un échantillon représentatif, une méthodologie publiée, des marges d’erreur explicites. Un tirage de tarot repose sur l’interprétation personnelle du praticien, sans possibilité de vérification ni de réfutation. Les deux peuvent se tromper, mais un seul accepte d’être jugé sur ses résultats.
C’est d’ailleurs ce qui rend les prédictions de Nostradamus pour 2026 si fascinantes et si frustrantes à la fois : elles sont formulées de manière suffisamment ouverte pour s’appliquer à presque n’importe quel scénario, et suffisamment précises dans leur imagerie pour donner l’impression d’une prophétie accomplie.
Pourquoi les voyants fascinent en période électorale
Il y a quelque chose de plus profond que la simple crédulité. Consulter un voyant avant une élection, c’est chercher une lecture du monde qui ne soit pas celle des experts, des éditorialistes, des commentateurs politiques. C’est vouloir un regard « autre », une perspective qui ne vienne pas du même moule.
En 2026, la défiance envers les institutions atteint des niveaux records. Selon le rapport Ipsos Predictions, 85 % des Français estiment que 2025 a été une mauvaise année pour leur pays Ipsos. Seuls 17 % pensent que leurs concitoyens connaîtront un regain d’optimisme en 2026. Dans ce climat, la voyance propose ce que ni les sondages ni les médias ne peuvent offrir : une narration qui donne du sens au chaos.
C’est le même ressort qui pousse des millions de personnes à s’intéresser aux synchronicités ou à chercher des signes dans leur quotidien. Non pas une fuite du réel, mais une tentative de retrouver un fil conducteur quand tout semble fragmenté. Jung appelait ça la « coïncidence signifiante » : un besoin humain de relier les événements entre eux, même quand aucun lien causal n’existe. Nous avons consacré un article à ce concept tel que Jung l’a formulé, et sa lecture éclaire beaucoup ce qui se joue dans notre rapport aux prédictions.

Guerre en Iran : ce que les voyants avaient prédit sur le conflit de 2026
Ce qu’on peut retenir sans y croire ni tout rejeter
Aucun voyant n’a fourni un scénario détaillé, chiffré et vérifiable pour les municipales parisiennes de 2026. Les prédictions les plus médiatisées restent soit trop vagues (« la droite monte »), soit non spécifiques à Paris, soit formulées avec un ton si catégorique qu’elles ressemblent davantage à une conviction politique qu’à une vision divinatoire.
Faut-il en rire ? Pas forcément. Le besoin de prédiction est un trait humain ancien, qui traverse toutes les civilisations. Des oracles de Delphes aux astrologues de la cour de Catherine de Médicis, en passant par les questions existentielles que chacun porte en soi, la volonté de savoir « ce qui va se passer » n’a jamais disparu. Elle a juste changé de forme.
Le 15 mars au soir, les résultats du premier tour donneront une première réponse. Le 22, le nom du prochain maire sera connu (ou presque). Et là, comme après chaque événement, certains voyants publieront un message pour rappeler qu’ils « l’avaient dit ». Les autres resteront silencieux. C’est la mécanique éternelle de la prédiction : on ne se souvient que de ceux qui ont eu raison.
La seule certitude, c’est que personne ne sait. Et que c’est justement pour cette raison que tout le monde cherche quelqu’un qui prétend savoir.
Sources : Sondage Ipsos-BVA pour ICI Paris, 20-28 février 2026 ; Sondage IFOP-Fiducial pour Sud Radio, LCI et Le Parisien, 2-5 mars 2026 ; Baromètre Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, mars 2026 ; Sondage OpinionWay pour CNEWS, Europe 1 et le JDD, février 2026 ; Polymarket, marché prédictif « Paris Mayoral Election » ; Nicolas Duquerroy, Prédictions de Voyance 2026 (nicolasduquerroy.com) ; Didier Doryan, interview Objectif Gard, janvier 2026 ; Olivier et les anges (olivier-et-les-anges.com).




