15,8 millions. C’est le nombre de Juifs dans le monde en 2025, d’après les travaux du démographe Sergio Della Pergola (Université hébraïque de Jérusalem). Moins qu’en 1939. La Shoah a creusé un trou démographique que trois générations n’ont pas comblé.
On parle pourtant du judaïsme à tort et à travers. Sur les réseaux, dans les débats télévisés, dans les commentaires YouTube. Tout le monde a un avis. Peu ont lu une seule page du Talmud.
Je considère que la majorité des malentendus sur le judaïsme viennent d’un problème de vocabulaire. On utilise des mots hébreux sans les comprendre, on projette des catégories chrétiennes sur un système qui les refuse, on confond un peuple avec une religion et une religion avec un État. Ce lexique est une tentative de remise à niveau. Trente termes, sans concession.
Le socle : ce qui structure tout
1. Torah
Cinq livres. Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome. Les chrétiens disent « Pentateuque », les Juifs disent Torah – un mot qui signifie « enseignement », pas « loi » comme on le traduit par réflexe.
La Torah n’est pas la Bible. Elle en est une fraction. Réduire le judaïsme à la Torah revient à résumer la Constitution française à son préambule.
2. Tanakh
L’acronyme désigne les trois sections de la Bible hébraïque : Torah (enseignement), Nevi’im (prophètes), Ketouvim (écrits). 24 livres au total. Le canon a été fixé progressivement entre le Ve siècle av. J.-C. et le IIe siècle ap. J.-C.
Un détail qui compte : le Tanakh et l’ »Ancien Testament » chrétien partagent des textes, mais pas le même ordre, pas le même découpage, pas la même lecture. Dire qu’ils sont identiques est une erreur théologique.
3. Talmud
Deux versions existent : le Talmud de Jérusalem (achevé vers 400) et le Talmud de Babylone (achevé vers 500), plus volumineux et qui fait autorité. Le Talmud de Babylone représente environ 5 400 pages dans l’édition standard dite de Vilna (1880-1886).
C’est un texte de débats. Les rabbins s’y contredisent, argumentent, digressent. Aucune voix unique ne domine. Je n’ai rencontré aucun équivalent dans une autre tradition religieuse : un texte sacré qui institutionnalise le désaccord.
4. Mishna
Compilée vers 200 par Rabbi Yehouda HaNassi en Galilée, la Mishna est la première codification écrite de la loi orale juive. Six ordres (Sedarim), 63 traités. Agriculture, fêtes, droit civil, pureté rituelle, sacrifices, mariages.
La Mishna est le squelette du Talmud. Sans elle, le Talmud est un commentaire sans objet.
5. Halakha
Le mot vient de la racine hébraïque h-l-kh, « marcher ». La Halakha désigne l’ensemble du droit juif : comment manger, prier, travailler, faire du commerce, se marier, divorcer, enterrer ses morts.
Ce n’est pas un code figé. La Halakha évolue par les responsa (avis juridiques rabbiniques). En 2024, des débats halakhiques portent sur l’intelligence artificielle et le Shabbat : un algorithme qui agit à votre place viole-t-il l’interdit du travail ? La question est ouverte.
6. Midrash
Le Midrash est la méthode d’interprétation narrative du texte biblique. Les rabbins comblent les silences de la Torah par des récits, des paraboles, des spéculations. Pourquoi Abraham a-t-il brisé les idoles de son père ? La Torah n’en dit rien. Le Midrash invente la scène.
C’est une littérature immense, produite entre le IIe et le XIIe siècle. Elle prouve une chose : pour les rabbins, un texte n’est jamais clos.
L’identité : qui est juif, et selon qui
7. Am Israël (Peuple d’Israël)
Le judaïsme n’est pas seulement une religion. C’est une appartenance nationale au sens ancien du terme – un peuple avec une langue, une terre d’origine, un droit, une mémoire collective.
Cette double nature – peuple et religion – rend le judaïsme inclassable dans les catégories occidentales modernes. Un athée peut être juif. Un bouddhiste converti, non. La logique est ethnoreligieuse, et aucun autre mot ne convient.
8. Conversion (Guiyour)
On peut devenir juif. Le processus s’appelle guiyour. Il exige une étude approfondie, un passage devant un tribunal rabbinique (Beth Din), l’immersion dans un bain rituel (mikvé), et pour les hommes, la circoncision (brit milah).
La difficulté du processus est intentionnelle. La tradition rapporte que le Beth Din doit décourager le candidat trois fois. La conversion n’est pas un acte de foi ponctuel comme le baptême chrétien. Elle engage dans un peuple et ses obligations.
9. Diaspora (Galout)
Le mot hébreu galout signifie « exil ». Depuis la destruction du Second Temple en 70 ap. J.-C. par les légions de Titus, la majorité des Juifs a vécu hors de la terre d’Israël.
La diaspora n’est pas un accident historique. Elle est devenue une catégorie théologique. Certains courants y voient une punition divine, d’autres une mission universelle. Le sionisme politique, lui, a tranché : l’exil devait cesser.
10. Ashkénaze / Séfarade / Mizrahi
Trois branches culturelles du judaïsme, pas trois religions.
Les Ashkénazes descendent des communautés d’Europe centrale et orientale. Leur langue vernaculaire était le yiddish. Les Séfarades viennent de la péninsule ibérique – expulsés d’Espagne en 1492 par le décret de l’Alhambra de Ferdinand et Isabelle – et parlaient le judéo-espagnol (ladino). Les Mizrahim regroupent les Juifs du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord : Irak, Yémen, Maroc, Tunisie.
Les différences portent sur la liturgie, la prononciation de l’hébreu, la cuisine, les coutumes – pas sur les fondements théologiques.
La pratique : ce que font les Juifs (et pourquoi)
11. Shabbat
Du vendredi soir au samedi soir. 25 heures de repos. L’interdit porte sur 39 catégories de travail (melakhot), définies dans le Talmud d’après les tâches nécessaires à la construction du Tabernacle dans le désert.
Ne pas allumer de feu, ne pas écrire, ne pas transporter d’objets dans l’espace public. En 2026, la question se pose pour les voitures autonomes, les assistants vocaux, les systèmes domotiques. Le Shabbat n’a jamais cessé de générer du droit.
Pour comprendre comment cette journée s’inscrit dans un système calendaire précis, je recommande la lecture de cet article détaillé sur le calendrier juif et le calcul de l’année hébraïque.
12. Kashrout
Les lois alimentaires juives. Pas un régime santé. Pas une précaution d’hygiène antique. Un système de séparation symbolique entre le permis (casher) et l’interdit (tréfa).
Trois règles cardinales : séparation du lait et de la viande, abattage rituel (shéhita), interdiction de certaines espèces (porc, fruits de mer, rapaces). L’anthropologue Mary Douglas a proposé en 1966 dans Purity and Danger que la kashrout repose sur une logique de classification, pas de dégoût. Je trouve cette lecture convaincante, même si elle reste contestée par certains théologiens.
13. Brit Milah
La circoncision rituelle, pratiquée le huitième jour après la naissance d’un garçon. Le geste est attribué à Abraham dans Genèse 17. Il marque l’entrée dans l’alliance (brit) entre Dieu et le peuple juif.
C’est l’un des rites les plus anciens encore pratiqués. Il fait l’objet de controverses juridiques en Europe depuis les années 2010, où des législateurs scandinaves et allemands ont tenté de l’interdire au nom de l’intégrité corporelle de l’enfant.
14. Bar/Bat Mitsvah
À 13 ans pour les garçons, 12 ans pour les filles dans la tradition orthodoxe. L’enfant devient responsable de l’accomplissement des mitsvot (commandements). Ce n’est pas une confirmation. Aucun prêtre ne valide quoi que ce soit. L’âge suffit.
La cérémonie de la Bat Mitsvah pour les filles est récente : la première attestée remonte à 1922, organisée par le rabbin Mordecai Kaplan pour sa fille Judith à New York.
15. Mitsvot
613 commandements selon le décompte du Rambam (Maïmonide, XIIe siècle). 248 prescriptions positives (« tu feras »), 365 interdictions (« tu ne feras pas »). Le chiffre 613 n’apparaît pas dans la Torah elle-même – c’est une construction talmudique attribuée à Rabbi Simlai (IIIe siècle).
Beaucoup de ces commandements sont inapplicables depuis la destruction du Temple : sacrifices, dîmes aux prêtres, lois de pureté rituelle. Le judaïsme post-Temple fonctionne avec un corpus réduit mais dense.
16. Téfilah (Prière)
Trois prières quotidiennes : Shaharit (matin), Minha (après-midi), Arvit (soir). Elles remplacent les sacrifices du Temple détruits. Le lien est explicite dans le Talmud (Berakhot 26b).
La prière juive est liturgique et codifiée, portée par un livre appelé Siddour. L’improvisation existe mais dans un cadre strict. Le silence et la méditation libre ne sont pas au centre du système, contrairement au mysticisme chrétien ou au bouddhisme.
17. Mikvé
Le bain rituel d’immersion. Utilisé après les menstruations, avant le Shabbat chez certains hassidim, lors de la conversion, et pour la vaisselle neuve. L’eau doit provenir d’une source naturelle ou de pluie – 40 séah minimum, soit environ 760 litres.
Le mikvé est l’un des premiers bâtiments qu’une communauté juive construit, avant même la synagogue. On a retrouvé des mikvaot archéologiques à Massada, datant du Ier siècle.
Les courants : un judaïsme, des judaïsmes
18. Orthodoxie
Le courant qui revendique la continuité stricte avec la tradition talmudique. La Halakha est contraignante, le texte fait autorité, la mixité est absente de la synagogue.
Le terme « orthodoxe » est trompeur. Il date du XIXe siècle et a été forgé par opposition aux réformés. Avant la modernité, il n’y avait pas d’ »orthodoxie » – il y avait le judaïsme, point.
19. Hassidisme
Mouvement fondé au XVIIIe siècle en Podolie (actuelle Ukraine) par Rabbi Israël ben Eliezer, dit le Baal Shem Tov (mort en 1760). Il a mis l’accent sur la joie, l’émotion, la relation directe avec Dieu, contre un rabbinisme jugé trop intellectuel et élitiste.
Le hassidisme a ses dynasties : Loubavitch, Satmar, Breslov, Gour. Chaque groupe a son Rebbe, son style vestimentaire, ses mélodies (nigounim). En 2026, la démographie ultra-orthodoxe bouleverse les équilibres politiques en Israël : selon les projections de l’Institut de la démocratie israélienne, les Haredim représenteront 16 % de la population israélienne d’ici 2030.
20. Judaïsme réformé
Né en Allemagne au début du XIXe siècle sous l’impulsion de Abraham Geiger et d’autres rabbins qui voulaient adapter le judaïsme à l’émancipation. Orgue dans la synagogue, sermon en allemand, abandon de certaines lois alimentaires.
Le mouvement Reform est majoritaire aux États-Unis. Il ordonne des femmes rabbins depuis 1972 (Sally Priesand, Hebrew Union College). Il accepte la patrilinéarité depuis 1983 – une rupture radicale avec la Halakha, qui transmet le judaïsme par la mère.
21. Judaïsme massorti (Conservative)
Voie médiane apparue aux États-Unis au XXe siècle, fondée intellectuellement par Solomon Schechter au Jewish Theological Seminary de New York. Le massorti accepte l’évolution de la Halakha mais refuse de l’abandonner.
C’est le courant le plus difficile à expliquer parce qu’il occupe un espace instable. Trop libéral pour les orthodoxes, trop traditionnel pour les réformés. Aux États-Unis, il perd des fidèles des deux côtés depuis vingt ans.
Les concepts théologiques : ce que le judaïsme pense
22. Monotéisme (Ehad)
Le Shema Israël – « Écoute, Israël, l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est Un » (Deutéronome 6:4) – est la profession de foi juive. Pas de trinité, pas d’incarnation, pas d’intermédiaire. L’unicité de Dieu est absolue.
L’historien des religions Mark S. Smith a montré dans The Early History of God (1990) que le monothéisme israélite s’est construit progressivement, à partir d’un polythéisme cananéen. Le résultat final est un Dieu sans image, sans corps, sans nom prononçable – le Tétragramme YHWH, que les Juifs ne prononcent jamais.
23. Alliance (Brit)
Le judaïsme repose sur un contrat. Dieu choisit un peuple, le peuple accepte des obligations. Le contrat est bilatéral. L’idée que Dieu puisse avoir des comptes à rendre à l’homme traverse toute la littérature rabbinique – Abraham négocie avec Dieu pour sauver Sodome dans Genèse 18.
Ce concept d’alliance explique pourquoi le judaïsme n’a jamais développé de théologie de la soumission inconditionnelle. Le Juif argumente avec Dieu. C’est un trait fondateur.
24. Tikoun Olam
« Réparation du monde. » L’expression vient de la liturgie de la prière Aleinou et a été reprise par la Kabbale lourianique au XVIe siècle (Rabbi Isaac Louria, Safed).
En 2026, le terme est partout dans le judaïsme américain progressiste. Il est devenu synonyme de justice sociale, d’engagement écologique, de militantisme. Je considère que cette popularisation a vidé le concept de sa charge mystique originelle. Chez Louria, il s’agissait de restaurer des étincelles divines dispersées lors de la création. Chez un étudiant de Berkeley, il s’agit de recycler.
25. Messianisme (Mashia’h)
Le judaïsme attend un Messie. Pas un dieu incarné – un roi humain, descendant de David, qui rétablira la souveraineté juive, reconstruira le Temple et inaugurera une ère de paix. Maïmonide en fait le douzième de ses Treize Principes de Foi.
La différence avec le christianisme est nette : le Messie juif n’est pas encore venu. Toute affirmation contraire est, du point de vue juif, une erreur. Sabbataï Tsevi, qui s’est proclamé Messie en 1665 avant de se convertir à l’islam sous pression ottomane, reste dans la mémoire juive comme l’exemple de la catastrophe messianique.
26. Olam Haba (Monde à venir)
Le judaïsme a une eschatologie, mais elle est floue. Le Talmud (Berakhot 34b) affirme que « personne ne sait ce qu’est le Monde à venir. » Pas de description détaillée du paradis. Pas d’enfer éternel au sens chrétien. Le Guéhinnom est un lieu de purification temporaire – douze mois maximum, selon la tradition rabbinique.
Le judaïsme place le centre de gravité sur cette vie. L’au-delà existe, mais il n’obsède pas.
L’histoire et la mémoire : ce qui ne s’oublie pas
27. Shoah
Six millions de Juifs assassinés entre 1941 et 1945. Un tiers du peuple juif. Nous sommes en 2026 et la population juive mondiale n’a toujours pas retrouvé son niveau de 1939.
Le mot « Holocauste », d’origine grecque et à connotation sacrificielle, est rejeté par une partie des Juifs. Shoah, mot hébreu signifiant « catastrophe » ou « anéantissement », s’est imposé après le documentaire de Claude Lanzmann en 1985.
Je tiens à rappeler ici un fait historique trop peu connu : l’antisémitisme moderne s’est nourri de faux documents, dont le plus célèbre est le texte connu sous le nom de Protocoles des Sages de Sion, un faux fabriqué par la police secrète tsariste au début du XXe siècle. L’histoire de ce faux et de sa propagation mérite une lecture attentive, tant son influence a été durable.
28. Sionisme
Mouvement politique né à la fin du XIXe siècle. Theodor Herzl publie Der Judenstaat en 1896 et fonde l’Organisation sioniste mondiale au congrès de Bâle en 1897.
Le sionisme n’a jamais été monolithique. Il y a eu un sionisme travailliste (Ben Gourion), un sionisme révisionniste (Jabotinsky), un sionisme religieux (Rav Kook), un sionisme culturel (Ahad Ha’am qui voulait un centre spirituel, pas un État). Réduire le sionisme à un bloc idéologique unique est une faute d’analyse.
29. Synagogue (Beth Haknesset)
Le mot hébreu signifie « maison de l’assemblée. » Pas un temple. Pas une église. Un lieu de prière, d’étude et de réunion communautaire. La synagogue a remplacé le Temple de Jérusalem comme centre de la vie juive après 70 ap. J.-C.
Aucun clergé n’est indispensable. Dix hommes adultes (minyan) suffisent pour un office complet. Le rabbin n’est pas un prêtre – il est un savant, un décisionnaire juridique. Cette distinction est essentielle et presque jamais comprise par les non-juifs.
30. Antisémitisme
Le mot a été forgé en 1879 par le journaliste allemand Wilhelm Marr pour donner une apparence scientifique à la haine des Juifs. Avant lui, on parlait de Judenhass – « haine des Juifs » – ce qui avait le mérite de la clarté.
L’antisémitisme mute. Il a été religieux (les « déicides »), racial (Gobineau, Chamberlain), politique (le « complot juif mondial »), et se reformule en 2026 sous des formes qui instrumentalisent le conflit israélo-palestinien. Le rapport Schwab de la Fondation pour la mémoire de la Shoah publié en janvier 2025 documente une hausse de 57 % des actes antisémites en France entre 2023 et 2024.
L’historien Léon Poliakov l’a écrit dès 1955 dans son Histoire de l’antisémitisme : la haine des Juifs n’a besoin d’aucun Juif réel pour fonctionner. Elle se nourrit de projections. C’est ce qui la rend si résistante à la raison.
Il en manque !
Trente mots ne suffisent pas. J’ai laissé de côté la Kabbale, la Guematria, le Zohar, les Karaïtes, le mouvement Maskilim, les Juifs éthiopiens, le yiddish comme univers littéraire, la question des Juifs de Chine (Kaifeng). Chacun de ces sujets mériterait son propre article.
Le judaïsme n’est pas un catéchisme qu’on résume en une page. Le Talmud l’exprime mieux que moi : quand un élève cesse de poser des questions, c’est qu’il a cessé d’apprendre.

Arius : pourquoi sa défaite n’a jamais été définitive ?

Fer, Sel, Trèfle : L’histoire cachée (et surprenante) de 10 porte-bonheurs.
Sources
- Sergio Della Pergola, World Jewish Population Report, American Jewish Year Book, 2025
- Mary Douglas, Purity and Danger, Routledge, 1966
- Mark S. Smith, The Early History of God, Harper & Row, 1990
- Léon Poliakov, Histoire de l’antisémitisme, Calmann-Lévy, 1955-1977
- Maïmonide, Mishné Torah, XIIe siècle
- Rabbi Barry L. Schwartz, Judaism’s Great Debates, JPS, 2012
- Claude Lanzmann, Shoah (documentaire), 1985
- Abraham Joshua Heschel, The Sabbath, Farrar Straus and Giroux, 1951



