Mis à jour ce 08 janvier 2026
La théologie est une science de précision. On ne parle pas du Divin avec de l’à-peu-près. Un mot mal choisi, et c’est le dogme qui vacille.
C’est une boîte à outils pour quiconque souhaite comprendre ce qu’il croit ou ce qu’il lit. Nous avons isolé 30 concepts fondamentaux — de la rugosité du « Péché » à la lumière de la « Grâce ». Nous allons disséquer leur étymologie et leur poids historique.
L’objectif est simple : sortir du flou spirituel. Il est temps d’appeler les choses par leur nom.
Accédez aux 30 notions de théologie directement sur cette page et téléchargez notre version au format PDF. Au bas de notre article vous trouverez égaglement une FAQ très complète sur le sujet.
Étymologie et Histoire du Vocabulaire Théologique :
Les mots de la foi ne surgissent pas du néant ; ils se sont façonnés lentement dans la poussière de l’histoire, au carrefour des civilisations sémite, grecque et romaine. Chaque terme que nous employons — Trinité, Grâce, Sacrement — est le fruit d’une sédimentation séculaire, un véritable mille-feuille sémantique où se superposent la rudesse charnelle de l’hébreu, la précision chirurgicale du grec et le juridisme du latin. Saisir le sens profond de ces mots exige donc plus qu’une simple traduction : c’est un exercice d’archéologie spirituelle. Car bien souvent, un dogme entier repose sur le choix d’un mot plutôt qu’un autre, et une simple préposition peut suffire à changer le visage de Dieu.
Le Substrat Hébraïque : La Foi par les Tripes
À la racine, l’héritage est profondément sémitique. L’hébreu biblique est une langue d’action, ancrée dans le corps, qui tend à ignorer l’abstraction pure. Lorsque la Bible évoque la « Miséricorde » (Rahamim), elle ne décrit pas un sentiment éthéré ou intellectuel, mais renvoie littéralement aux « entrailles », à l’utérus maternel. L’image est forte : Dieu ressent une douleur physique, viscérale, pour son peuple.
Dans la même logique, la « Gloire » (Kabod) n’est pas une lumière diffuse, mais un « poids ». Ce qui a de la gloire pèse lourd sur le réel. Le christianisme a conservé cette base rugueuse à travers des termes passés directement de la synagogue à l’autel, comme Amen (solidité), Alléluia (louez Yah) ou Messie (l’oint d’huile). Ces mots gardent une saveur originelle, intraduisible, qui ancre la théologie dans la matière.
Le Tournant Grec : La Métaphysique au Service du Dogme
Dès le Nouveau Testament, le message hébraïque doit s’habiller de grec, provoquant un véritable choc culturel : la rencontre entre Jérusalem et Athènes. Les premiers théologiens ont dû réaliser une opération périlleuse consistant à dire le Dieu d’Abraham avec les mots de Platon. Plus qu’une traduction, ce fut une conversion du langage.
Jean s’empare ainsi du Logos, concept stoïcien désignant la raison universelle, pour l’incarner en une personne de chair. De même, pour expliquer la Trinité sans sombrer dans l’absurde, l’Église a dû emprunter au vocabulaire philosophique ses distinctions subtiles. C’est le grec qui a fourni les outils pour différencier la « Nature » (Ousia) de la « Personne » (Hypostase), offrant à la foi une ossature intellectuelle capable de résister aux hérésies.
Le Génie Romain : Quand le Droit Façonne la Grâce
Avec la montée de l’Occident latin, le vocabulaire change radicalement de registre. Rome étant une civilisation de juristes, des figures comme Tertullien — lui-même avocat — ont imprégné la théologie d’une précision juridique. On voit alors apparaître des termes de tribunal : la Justification explique comment l’accusé (le pécheur) est déclaré juste par le Juge, tandis que la Satisfaction et le Mérite importent le droit des obligations dans la relation divine.
Même le mot Sacrement (Sacramentum), qui était à l’origine le serment d’allégeance du légionnaire romain, devient le signe visible de la fidélité divine. Cependant, la fixation de ces termes par la Vulgate a parfois eu des conséquences lourdes. Traduire le grec Metanoia (changement radical d’orientation) par le latin Paenitentia (pénitence) a coloré tout le christianisme médiéval d’une teinte culpabilisante que le texte original ne portait pas nécessairement.
Les Guerres de Mots : Conciles et Réformes
L’histoire des dogmes se lit finalement comme une suite de batailles lexicales. Au Concile de Nicée (325), l’unité de l’Empire s’est jouée sur une simple lettre, un iota. Le Christ était-il Homoousios (de même nature que le Père) ou Homoiousios (de nature semblable) ? Cette nuance faisait toute la différence entre un Fils qui est Dieu et un Fils qui ressemble à Dieu.
Plus tard, la Réforme tentera de décaper ce vernis latin pour retrouver la « Vérité hébraïque ». La Sola Fide (foi seule) de Luther n’était pas une invention, mais une réactivation radicale du sens paulinien de Pistis (confiance) contre une dérive comptable des œuvres. Aujourd’hui encore, ce travail continue : la théologie moderne cherche de nouveaux mots pour parler à un monde sécularisé, préférant parfois parler de Kénose (l’effacement de Dieu) plutôt que de Toute-Puissance pour rejoindre nos contemporains.
Vous pouvez également approfondir vos connaissances sur le catéchisme de l’Eglise Catholique en lisant notre article phare sur le sujet.
Vocabulaire de la Théologie
30 notions essentielles pour structurer la pensée chrétienne, définies avec clarté et illustrées par l’exemple.
Théologie
Science qui étudie la divinité, ses attributs, ses révélations, et sa relation avec le monde et l’humanité.
Eschatologie
Branche de la théologie qui traite des dernières choses, comme la mort, le jugement, et le destin final de l’âme et de l’humanité.
Christologie
Champ de la théologie qui étudie la nature, la personne et les œuvres de Jésus-Christ.
Sotériologie
Partie de la théologie qui traite du salut, en particulier comment il est obtenu.
Trinité
Doctrine selon laquelle Dieu existe en trois personnes distinctes mais coéternelles : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Herméneutique
L’art et la science de l’interprétation, particulièrement des textes sacrés.
Exégèse
Analyse critique d’un texte, souvent utilisée pour l’interprétation des textes religieux.
Dogme
Principe ou ensemble de principes posés comme incontestablement vrais par une autorité religieuse.
Écclésiologie
Branche de la théologie qui traite de la nature et de la structure de l’Église.
Sacramentologie
Étude des sacrements ou rites considérés comme des moyens de grâce.
Apologétique
Discipline théologique qui se concentre sur la défense rationnelle de la foi chrétienne contre les objections intellectuelles.
Canon
Ensemble des livres acceptés comme authentiquement inspirés et faisant autorité dans les Écritures.
Épistémologie
Branche de la philosophie qui étudie la nature, l’origine et les limites de la connaissance, souvent utilisée en théologie pour comprendre comment on connaît Dieu.
Immanence
La présence et l’activité de Dieu dans le monde créé.
Incarnation
Doctrine chrétienne selon laquelle Dieu est devenu humain en la personne de Jésus-Christ.
Kérygme
Le message central ou la proclamation de l’Évangile chrétien.
Liturgie
Ensemble des rites, cérémonies et pratiques de culte dans une tradition religieuse.
Mysticisme
Pratique et croyance qui cherchent l’union ou la communion profonde avec la divinité ou la réalité ultime.
Orthodoxie
Adhésion aux croyances établies ou traditionnelles, particulièrement en matière de religion.
Panthéisme
Croyance selon laquelle Dieu est identique à l’univers, ou que tout constitue une manifestation de Dieu.
Pneumatologie
Branche de la théologie qui étudie le Saint-Esprit.
Révélation
Acte par lequel Dieu communique des vérités à l’humanité, directement ou par le biais des Écritures.
Sacré
Ce qui est considéré comme divin ou ayant une importance religieuse ou spirituelle.
Séculier
Ce qui est indépendant de toute institution religieuse ou croyance religieuse.
Théodicée
Branche de la théologie qui traite du problème du mal et de la souffrance dans un monde gouverné par un Dieu bon et tout-puissant.
Transcendance
La nature de Dieu en tant qu’au-delà et indépendante du monde matériel et de l’expérience humaine.
Unité
Le concept de l’unité de Dieu, souvent en opposition à la polythéie.
Vertu
Comportement qui montre des normes élevées de moralité, souvent considéré comme un idéal dans les traditions religieuses.
Yahvisme
Culte de Yahweh, le Dieu d’Israël, avant le développement du judaïsme monothéiste.
Zélateur
Dans le contexte biblique, un membre d’un mouvement juif du premier siècle qui résistait à l’occupation romaine de la Judée.
Un ouvrage de référence : Vocabulaire de théologie biblique
Paru pour la première fois en 1962 et régulièrement réédité, Le Vocabulaire de théologie biblique dirigé par le jésuite Xavier Léon-Dufour est devenu un outil incontournable pour qui souhaite approfondir sa lecture de la Bible. Fruit d’un travail collectif réunissant 70 collaborateurs — exégètes, théologiens, linguistes —, ce dictionnaire thématique vise à éclairer le sens des mots et notions majeures de l’Écriture, dans leur contexte biblique et théologique.
Loin d’être un simple lexique, cet ouvrage explore la signification spirituelle et doctrinale des termes bibliques (comme Alliance, Justice, Péché, Royaume, Fils de l’homme…), en montrant comment ils s’inscrivent dans le dynamisme de la Révélation. Il s’adresse aussi bien aux spécialistes qu’aux étudiants, catéchètes ou simples lecteurs désireux de mieux comprendre la Parole de Dieu dans sa cohérence et sa profondeur.
Si vous cherchez une référence solide pour accompagner votre étude de la Bible, ce livre constitue un excellent compagnon.
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Encore plus de termes théologiques.
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Vidéo: Les Mots de la Théologie – Présentation du Lexique de théologie
Explorez les nuances de la théologie chrétienne avec ‘Les mots de la théologie : présentation du Lexique de théologie’ sur la chaîne Théologie.s – Université de Lorraine. Cette vidéo présente le livre ‘Lexique de théologie – Ressourcements’ par Anthony Feneuil et Yves Meessen, offrant un regard neuf sur des termes théologiques classiques à travers le prisme de la philosophie et des sciences humaines. Publiée le 24 avril 2023, cette discussion approfondie est un incontournable pour ceux qui s’intéressent à la théologie chrétienne contemporaine, la philosophie, et les débats intellectuels dans ces domaines.

Juifs messianiques et Chrétiens : la grande confusion (et pourquoi Jésus portait la kippa)
Questions fréquentes sur le vocabulaire théologique
Qu’est-ce qu’un dogme en théologie ?
Le dogme n’est pas une opinion figée, mais une vérité de foi définie solennellement par l’Église (Conciles ou Papes). Il balise le terrain de la foi pour éviter l’erreur. Par exemple, la nature divine du Christ est un dogme ; c’est une certitude sur laquelle repose toute l’architecture chrétienne.
Quelle distinction faire entre théologie et spiritualité ?
La théologie est l’intelligence de la foi (Fides quaerens intellectum). Elle utilise la raison, l’histoire et la critique pour structurer la croyance. La spiritualité est la mise en pratique de cette foi, le vécu intérieur et la relation priante avec Dieu. La théologie est la carte, la spiritualité est la marche.
Comment définir la Trinité simplement ?
C’est le mystère d’un Dieu unique en trois Hypostases (Personnes) : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Ils ne sont pas trois dieux (trithéisme), ni trois masques d’un seul dieu (modalisme), mais trois relations distinctes au sein d’une même substance divine.
Que signifie précisément la « grâce » ?
La grâce est l’initiative gratuite de Dieu qui se communique à l’homme. Elle précède tout mérite humain. La théologie distingue la grâce sanctifiante (un état stable de communion avec Dieu) de la grâce actuelle (une aide ponctuelle pour agir ou résister au mal).
Pourquoi le christianisme est-il une religion de Révélation ?
Parce que l’homme ne peut pas atteindre Dieu par sa seule intelligence. Dieu a dû prendre l’initiative de se dévoiler (se révéler) à travers l’histoire d’Israël, les prophètes, et ultimement par l’Incarnation du Christ. La Bible est la trace écrite de ce dévoilement.
Qu’étudie l’eschatologie ?
Du grec eschatos (dernier), c’est l’étude des fins dernières. Elle ne concerne pas seulement la fin du monde, mais le destin ultime de la création et de l’homme : la mort, le jugement particulier, le Purgatoire, l’Enfer et le Paradis. C’est la théologie de l’espérance.
Exégèse et herméneutique : quelle différence ?
L’exégèse est une extraction : elle analyse le texte biblique pour comprendre ce que l’auteur voulait dire dans son contexte historique original. L’herméneutique est une actualisation : elle interprète ce sens ancien pour qu’il parle au lecteur d’aujourd’hui. L’exégèse établit le sens, l’herméneutique le rend audible.
À quoi sert réellement un catéchisme ?
Ce n’est pas un simple manuel scolaire. Le catéchisme est l’exposé organique et synthétique de la doctrine. Il lie les dogmes, la morale, la liturgie et la prière pour transmettre non seulement des connaissances, mais une « grammaire » de la vie chrétienne.
Que recouvre le mystère de l’Incarnation ?
Ce terme désigne l’événement historique et métaphysique par lequel le Verbe divin (Logos) a assumé la nature humaine. Dieu s’est fait chair en Jésus de Nazareth. Il est « vrai Dieu et vrai homme », sans confusion ni séparation des deux natures.
Quelle est l’étymologie du mot Église ?
Vient du grec Ekklesia, signifiant « convocation » ou « assemblée ». L’Église n’est pas d’abord un bâtiment ou une hiérarchie, mais le peuple de ceux que Dieu a « appelés hors » du monde pour former le Corps du Christ.
Pourquoi opposer Ancien et Nouveau Testament ?
Ils ne s’opposent pas, ils se répondent. L’Ancien Testament relate l’Alliance de Dieu avec Israël (Loi et Prophètes). Le Nouveau Testament relate l’accomplissement de cette Alliance en Jésus-Christ. Saint Augustin résume : « Le Nouveau est caché dans l’Ancien, et l’Ancien est dévoilé dans le Nouveau. »
Comment définir un sacrement ?
C’est un « signe visible d’une grâce invisible » (Saint Augustin). Un sacrement (baptême, eucharistie…) n’est pas un simple symbole, mais un acte efficace où le Christ agit directement pour sanctifier le croyant, indépendamment de la sainteté du prêtre.
Le mot « salut » a-t-il plusieurs sens ?
Oui, c’est un terme polyphonique. Il désigne à la fois la libération du péché (rédemption), la guérison de la nature humaine blessée, et la divinisation finale de l’homme (théosis). Être sauvé, c’est être rétabli dans la communion avec Dieu.
Qu’est-ce que la sotériologie ?
C’est la section de la théologie qui systématise la question du salut. Elle demande : « De quoi sommes-nous sauvés ? », « Comment la mort de Jésus nous sauve-t-elle ? » et « Quelle est la part de la liberté humaine dans ce processus ? ».




