Mise à jour 19 mars : la donne a totalement changé avant le second tour
La quinquangulaire n'aura pas lieu. En trois jours, le scrutin s'est resserré à trois listes. Bournazel a fusionné avec Dati puis s'est retiré. Knafo a retiré sa liste mardi pour « battre la gauche ». Chikirou s'est maintenue après le refus de Grégoire de toute alliance avec LFI.
Le calcul a basculé. L'addition Dati + Bournazel + Knafo donne 384 870 voix, soit 75 000 de plus que Grégoire au premier tour. Le candidat socialiste, largement en tête dimanche, se retrouve potentiellement minoritaire face à une droite réunifiée, pendant que Chikirou lui grignote des voix à gauche.
La prédiction d'Olivier et les anges (« Dati maire de Paris »), enterrée dimanche soir, reprend vie. Les reports ne seront pas mécaniques, mais la dynamique s'est inversée en 72 heures. On ne se souvient que du voyant qui a eu raison. L'autre disparaît.
Rendez-vous le 22 mars à 20 heures.
Dimanche 15 mars, 20 heures. Les bureaux de vote parisiens ferment. Emmanuel Grégoire apparaît en tête avec 37,98 % des suffrages. Rachida Dati est reléguée à 25,46 %, douze points derrière. Cinq candidats se qualifient pour le second tour : du jamais vu dans la capitale. Et quelque part, des voyants relisent leurs notes en silence.
Car avant que les urnes ne parlent, les cartes avaient déjà été tirées. Des médiums avaient annoncé Dati maire de Paris. D'autres avaient vu un virage à droite. D'autres encore avaient perçu une « force de rupture » dans le jeu parisien. Ce soir, les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur offrent un terrain de vérification rare : celui où les prophéties rencontrent les bulletins de vote.
Sophia Chikirou (LFI) se qualifie avec 11,72 %, Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) avec 11,34 %, et Sarah Knafo (Reconquête) passe de justesse avec 10,40 % après le dépouillement complet des bureaux. Thierry Mariani (RN) est éliminé à 1,61 %. La participation atteint 58,5 %, un bond par rapport au scrutin de 2020, lourdement affecté par la pandémie.
Qui avait vu juste ? Qui s'est trompé ? Et que nous apprend ce premier tour sur la fiabilité des prophéties quand elles se frottent au réel ?
Le pronostic d'Olivier et les anges face au mur des chiffres
Le voyant qui publie sous le nom « Olivier et les anges » avait tranché sans nuance : « R. Dati, l'unique, devient maire de Paris. » C'était la prédiction la plus directe, la plus vérifiable, et donc la plus risquée. Ce soir, elle se heurte à une arithmétique sévère. Avec douze points de retard sur Grégoire au premier tour, Dati doit espérer une fusion avec les listes de Pierre-Yves Bournazel et de Sarah Knafo pour inverser la tendance.
Ce scénario n'est pas impossible. Dati a appelé dès dimanche soir à « un rassemblement le plus large possible » autour des candidats de droite. Elle a même proposé une liste d'union à Bournazel par téléphone dans la soirée. Mais Knafo, qui dépasse à peine les 10 %, dispose d'un réservoir de voix limité. Et Bournazel, que Dati avait refusé de soutenir pendant des mois, n'a donné aucune indication sur ses intentions, son équipe précisant seulement qu'il « refuserait toute alliance avec les extrêmes ».
La vision d'une « Dati maire de Paris » reste mathématiquement vivante. Mais la marge est mince, et le candidat socialiste n'a plus qu'à sécuriser les reports de la gauche pour l'emporter.
Sarah Knafo : la surprise n'est pas celle qu'on attendait
Plusieurs médiums avaient évoqué une « percée imprévue » ou une « force de rupture » dans le scrutin parisien. Sarah Knafo, avec ses 10,40 %, n'a pas provoqué de raz-de-marée. Mais elle se retrouve dans une position d'arbitre que personne n'avait anticipée avec cette précision.
Si elle fusionne avec Dati, le bloc de droite reconstitué pourrait théoriquement rivaliser avec Grégoire. Si elle se maintient seule, elle fragmente la droite et offre la victoire à la gauche. Si elle se retire, ses électeurs se répartissent entre Dati et l'abstention, sans garantie de transfert total.
Son slogan de campagne, « Une ville heureuse », prend une ironie involontaire : c'est elle qui, par sa décision de la semaine à venir, déterminera si Paris sera une ville de gauche ou de droite pour les six prochaines années. Elle a ouvert la porte dès dimanche soir en déclarant que « toutes les familles de la droite » seraient « nécessaires » pour l'emporter, ajoutant : « Nos voix peuvent faire gagner la droite. »
Les voyants n'avaient pas nommé Knafo. Mais ceux qui avaient perçu une « figure inattendue » dans les cartes y trouveront de quoi alimenter leur lecture.
La bascule à droite annoncée par Duquerroy : vraie en province, fausse à Paris
Le médium Nicolas Duquerroy avait annoncé en décembre 2025, via un tirage du tarot de Marseille, que « la France prendra un virage plus marqué à droite » après les municipales. Le médium Didier Doryan voyait « un grand virement vers la droite et l'extrême droite » au niveau national.
À Paris, ce virage ne s'est pas matérialisé. La gauche unie (hors LFI) frôle les 38 %. En additionnant les voix de Grégoire et de Chikirou, la gauche au sens large dépasse les 49 %. La droite, même réunie (Dati + Bournazel + Knafo), plafonne autour de 47 %.
En revanche, les résultats nationaux donnent du grain à moudre aux prédictions macro. Le RN réalise des percées dans plusieurs grandes villes. À Marseille, Franck Allisio (RN) talonne le maire sortant Benoît Payan avec 35,1 % contre 35,6 %, un écart de 0,5 point. À Perpignan, Louis Aliot (RN) est réélu dès le premier tour avec 50,61 %. LFI progresse aussi fortement, remportant Saint-Denis dès le premier tour avec 50,77 % des voix. À Vierzon, ville de gauche depuis la Libération et communiste depuis 2008, une liste d'union d'extrême droite est arrivée en tête avec 41,31 %.
Paris reste l'exception qui défie les cartes et les tarots. La capitale vote à gauche depuis 2001, et ce premier tour confirme que l'ancrage tient, y compris dans un contexte de guerre au Moyen-Orient et de crise énergétique.
Nous avions analysé, avant le scrutin, ce que les voyants et les sondages disaient du prochain maire de Paris. La conclusion de cet article reste valide ce soir : aucun voyant n'avait fourni un pronostic chiffré et vérifiable. Les prédictions restaient assez larges pour s'adapter à plusieurs résultats possibles, et les sondages eux-mêmes, pourtant plus fiables, n'avaient pas mesuré l'ampleur de l'écart Grégoire-Dati.
Le biais de confirmation en action
Le mécanisme est le même que celui que nous avons décrit à propos des prophéties de Nostradamus qui se sont réalisées : face à un résultat complexe, le cerveau retient la prédiction qui colle et oublie celles qui se sont trompées.
Duquerroy avait tiré la Roue de Fortune et la Maison Dieu. Deux lames que l'on peut lire dans presque tous les sens. La Roue de Fortune peut signifier un retournement vers la droite, mais aussi la victoire du sortant par le poids de l'habitude. La Maison Dieu peut évoquer un effondrement du pouvoir en place, mais aussi la chute d'un challenger trop confiant. Le tarot ne ment pas parce qu'il ne dit rien de précis. C'est le lecteur qui, après coup, ajuste la lecture à ce qui s'est passé.
Les voyants qui avaient annoncé la victoire de Dati passeront la semaine à rappeler que le second tour n'a pas encore eu lieu. Ceux qui avaient parlé de « tensions » et de « bascule » noteront que la quinquangulaire confirme un scrutin sous haute tension. Et ceux qui avaient vu un « virage à droite » citeront Marseille, Perpignan et Vierzon en laissant Paris de côté.
C'est la mécanique éternelle de la prédiction : on ne compte que les victoires. Les défaites sont silencieuses.

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Le second tour : sept jours de manœuvres (et de tirages de cartes)
Le suspense ne s'est pas éteint dimanche soir à 20 heures. Au contraire, la configuration à cinq candidats rend le calcul des experts aussi fragile qu'un tirage de tarot.
Sophia Chikirou a posé un ultimatum : elle attend l'appel de Grégoire pour une fusion des listes. « La responsabilité, c'est d'empêcher la droite de gagner Paris, a-t-elle déclaré. Emmanuel Grégoire ne peut pas jouer avec l'avenir de Paris. Je vais attendre son appel. Et s'il ne veut pas d'une convergence pour faire un front antifasciste, je déposerai ma liste demain soir. » Grégoire, qui a toujours exclu une alliance avec LFI « quelles que soient les circonstances », se retrouve face à un dilemme arithmétique : il peut gagner seul si la droite reste divisée, mais il risque de perdre si Dati parvient à fusionner avec Bournazel pendant que lui refuse la main de Chikirou.
Du côté de la droite, Dati tend la main à Bournazel et à Knafo. Mais Grégoire a passé la campagne à accuser Knafo de « voter avec les néonazis au Parlement européen », et Dati elle-même avait refusé toute association avec la candidate Reconquête pendant des mois. Un retournement d'alliance aussi rapide offrirait des munitions au camp socialiste, qui ne manquerait pas de le souligner.
Les prophéties de Nostradamus pour 2026 décrivent des « guerres cruelles » et des « temps de division ». Il n'avait pas besoin de visions pour décrire la semaine qui s'ouvre dans les états-majors parisiens.
Le scrutin de dimanche prochain ne sera pas qu'un choix politique. Il sera aussi la validation ou l'infirmation finale des prophéties qui ont jalonné cette campagne. Et quel que soit le résultat, les voyants publieront un message pour rappeler qu'ils « l'avaient dit ». Les autres resteront silencieux. La mécanique ne change jamais.
Sources : Ministère de l'Intérieur, résultats définitifs Paris, 15 mars 2026 ; Franceinfo, soirée électorale et résultats définitifs, 15-16 mars 2026 ; France 24, résultats premier tour municipales, 15 mars 2026 ; ICI Paris Île-de-France, soirée électorale, 15 mars 2026 ; CNEWS, résultats définitifs principales villes, 16 mars 2026 ; Public Sénat, résultats et analyses, 15 mars 2026 ; La Libre Belgique, résultats municipales Paris, 15 mars 2026.




