La question de l’existence passée d’une humanité de stature colossale ne relève pas uniquement du folklore. Elle hante les textes sacrés et les chroniques de l’antiquité avec une régularité qui défie le simple hasard littéraire. Des Nephilim de la Bible aux Titans grecs, le souvenir d’êtres démesurés s’inscrit dans une mémoire universelle que l’archéologie moderne peine parfois à classer.
La figure du géant dans l’exégèse et les textes sacrés
Dans la tradition hébraïque, le Livre de la Genèse (6:4) mentionne explicitement la présence des géants sur la Terre. Ces Nephilim, issus de l’union entre les « fils de Dieu » et les « filles des hommes », représentent une rupture ontologique. Le terme lui-même, lié à la racine hébraïque naphal (tomber), suggère des êtres déchus, dont la puissance physique traduisait une corruption spirituelle.
Le Livre d’Hénoch, texte apocryphe majeur de l’ésotérisme chrétien et juif, approfondit cette vision. Il décrit des sentinelles célestes ayant transmis aux hommes des savoirs interdits, créant une lignée de géants dont la faim dévorait les ressources du monde. Cette hybris physique et intellectuelle explique, selon ces textes, la nécessité du Déluge : une purification nécessaire pour effacer une anomalie biologique et spirituelle.
Traces historiques et anomalies ostéologiques
L’histoire regorge de rapports documentés par des chroniqueurs sérieux. Flavius Josèphe, historien romain du Ier siècle, affirmait que des ossements de géants étaient régulièrement exposés de son temps. Plus tard, lors de la conquête des Amériques, les chroniqueurs espagnols comme Bernal Díaz del Castillo rapportèrent la découverte de fémurs humains atteignant la taille d’un homme adulte dans les caches des cités aztèques.
Au XIXe siècle, la presse américaine, notamment le New York Times, publia des dizaines d’articles relatant l’exhumation de squelettes mesurant entre 2,50 mètres et 3,50 mètres dans les monticules funéraires de l’Ohio et du Wisconsin. Beaucoup de ces découvertes furent envoyées à la Smithsonian Institution, avant de disparaître des registres officiels, alimentant les thèses d’une censure institutionnelle visant à protéger le dogme darwinien de l’évolution linéaire.
L’égrégore des géants : une réalité symbolique ou biologique ?
Il faut distinguer le géant physique de la fonction symbolique qu’il occupe dans l’herméneutique des mystères. Le géant incarne souvent l’ordre ancien, les forces primordiales de la terre (les Chthoniens) qui doivent être soumises par le héros civilisateur.
Cependant, la science moderne reconnaît l’existence de la mégafaune au Pléistocène. Pourquoi l’humanité aurait-elle échappé à cette tendance au gigantisme ? Des chercheurs hétérodoxes suggèrent que des conditions atmosphériques différentes, notamment une pression partielle d’oxygène plus élevée, auraient pu favoriser des structures osseuses plus massives. La découverte de l’Homo denisova, dont certains fragments dentaires sont anormalement larges, relance le débat sur la diversité morphologique de nos ancêtres.
La science face au gigantisme : l’énigme Denisova
L’archéologie du XXIe siècle apporte des nuances fascinantes là où l’on n’attendait que des mythes. La découverte de l’Homme de Denisova en Sibérie a bouleversé notre compréhension de la lignée humaine. Les fragments retrouvés — notamment des molaires d’une taille prodigieuse et une phalange massive — indiquent une espèce dont la robustesse dépassait de loin celle de l’Homo Sapiens ou de Néandertal.
Ces données génétiques prouvent que l’humanité n’a pas été un long fleuve tranquille mais une mosaïque d’espèces
Des constructions mégalithiques impossibles
L’argument le plus tangible en faveur des géants réside souvent dans la pierre. Les trilithons de Baalbek au Liban, pesant plus de 800 tonnes, ou les murs cyclopéens de Mycènes, posent une question technique brutale. La tradition orale des populations locales, que ce soit au Moyen-Orient ou en Polynésie avec les statues de l’Île de Pâques, attribue systématiquement ces travaux à des mains de géants.
Pour l’érudit, ces structures ne sont pas de simples prouesses architecturales. Elles sont le reflet d’une immanence de la puissance, une époque où le bâtisseur ne faisait qu’un avec la matière. Si la preuve biologique irréfutable manque encore au grand public, le témoignage des pierres, lui, reste immuable.

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FAQ sur l’existence des géants
Pourquoi ne trouve-t-on pas de squelettes de géants dans les musées ?
La fragilité des ossements très anciens et les processus de minéralisation rendent les découvertes rares. De plus, une partie de l’archéologie du XXe siècle a écarté les découvertes ne rentrant pas dans le cadre de la stature moyenne humaine pour éviter les controverses liées au créationnisme ou aux théories alternatives.
Qui sont les Anakim cités dans la Bible ?
Les Anakim sont une tribu de géants rencontrée par les Hébreux lors de l’exploration du pays de Canaan. Ils sont décrits comme des descendants d’Anak. Leur vue inspira une telle terreur que les espions israélites se comparèrent à des « sauterelles » face à eux.
Le gigantisme est-il une pathologie ou une espèce ?
Le gigantisme médical actuel (lié à l’hypophyse) affaiblit le corps et réduit l’espérance de vie. À l’inverse, les géants des récits anciens sont dépeints comme des êtres d’une vigueur exceptionnelle et d’une grande longévité, suggérant une constitution biologique différente plutôt qu’une anomalie hormonale.
Existe-t-il des preuves génétiques de ces lignées ?
À ce jour, aucun génome complet « de géant » n’a été publié par la communauté scientifique internationale. Toutefois, les analyses de l’ADN ancien révèlent régulièrement des hybridations avec des espèces humaines disparues, laissant la porte ouverte à des découvertes sur des branches collatérales de l’humanité à la morphologie hors norme.




